DSCI0138Depuis sa création en 2005, l’association D.A.A.C Guyane organise des tournées de médiateurs dans les quartiers précaires de l’Île de Cayenne. Nous constatons au quotidien qu’un grand nombre de personnes vit dans des conditions de grande précarité dans les secteurs que nous couvrons.
L’illettrisme, l’analphabétisme, la méconnaissance des droits, du tissu social et des administrations participent aux inégalités sociales dans les quartiers.
Du fait de leur précarité économique et sociale, et de la méconnaissance des dispositifs de prévention, de dépistage et de soin, ces personnes ont tendance à faire passer la santé au second plan. Par voie de conséquence, leur santé se dégrade, limitant alors leurs capacités d’insertion.
Par la médiation nous facilitons l’accès aux droits et aux soins des personnes, tout en luttant contre les discriminations dont elles peuvent être victimes.

D.A.A.C a également vocation d’interface entre les habitants et les institutions. Ceci en participant à une meilleure connaissance des problématiques des habitants auprès des administrations et des partenaires et une meilleure connaissance des structures et du tissu social de la part des habitants.

D.A.A.C s’appuie sur son expérience du terrain pour identifier les besoins généraux d’une population et d’un environnement spécifiques. De même, l’association met en relief les besoins individuels de personnes en grande difficulté sociale ou ayant des problèmes de santé potentiellement graves (diabète non soigné, hypertension, paludisme, VIH, hépatites, grossesses à risque…), rencontrant des difficultés d’intégration, et également des femmes victimes d’abus et/ou de violences…

Nous sommes interpellés par les habitants qui souhaitent notre présence pour résoudre des problématiques auxquelles ils sont confrontés :
o Difficultés à obtenir une couverture sociale (illettrisme, domiciliation, difficulté à réunir les pièces administratives exigées…).
o Accompagnement lors de consultations médicales (gynécologue, suivi VIH/SIDA, traitement cancer, sexologue…) pour, d’une part, faciliter une bonne compréhension entre le praticien et le patient par la traduction et, d’autre part, assurer le respect de la confidentialité. En effet, l’accompagnement par un tiers connu (voisine, enfant, famille) est souvent problématique.
o Accompagnement à l’observance des personnes qui souhaitent interrompre leurs traitements à cause des effets secondaires ou du découragement, ou à cause d’une rupture administrative dans la prise en charge (non renouvellement d’AME ou de CMU, non prise en charge de soins ou examens complémentaires…).
Nous sommes également sollicités par nos partenaires (ARS santé et environnement, Médecins du Monde, Croix Rouge Française, assistantes sociales de secteur, établissements scolaires, collectivités territoriales…) pour répondre aux besoins qu’ils répertorient sur le terrain :
o Répondre à des situations sanitaires graves : mise en place de séances de vaccination d’urgence, accompagnement des partenaires dans le quartier, médiation et traduction pour l’accès et la gestion de l’eau (puits contaminés), lutte anti-vectorielle, mayouris participatifs pour la destruction de gîtes larvaires, la gestion des déchets, élèves malades perdus de vue par les établissements scolaires, mises en place de consultations médicales pour lutter contre les épidémies (dengue, palu, grippes, gastroentérites).
o Répondre aux sollicitations des médecins qui souhaitent la présence du médiateur pour un interprétariat, expliquer au patient l’importance du traitement et les éventuels effets secondaires, l’incitation à la mise sous traitement ou encore l’observance des soins.